Le consentement, une alternative au consensus

consentement alternativeNous l’avons évoqué dans notre précédent billet, la recherche du consensus est souvent un piège. A force de compromis pour faire rencontrer les bords opposés, les frustrations s’installent, nuisant à la qualité du travail et pénalisant l’avancée du groupe.

Comme je l’avais indiqué, l’une des solutions est de construire le consensus petit pas par petit pas. Mais on peut aussi privilégier d’emblée la notion de consentement à celle de consensus.

Le consentement décrit l’action de consentir, d’accepter qu’une chose se fasse sans rien avoir à dire pour ou contre. Dans ma pratique, voici comme je le présente simplement à un groupe : « je peux vivre avec ».

Pour obtenir à minima le consentement de tout un groupe à une décision, j’ajoute la notion d’objection valide. Une décision est entérinée, lorsque tous les membres du groupe donnent à minima leur consentement, c’est à dire qu’aucun membre du groupe n’a d’objection valide à l’encontre de cette décision.

objection valideUne objection valide[1] signifie ici que l’objection est perçue comme recevable par le reste du groupe (ou au moins d’autres personnes du groupe).  La personne peut par exemple exprimer les conséquences négatives de la décision sur l’organisation de son travail ou encore mettre en exergue un manque d’information qui rend le raisonnement biaisé.

Si l’objection est perçu comme non valide par le reste du groupe, le facilitateur peut alors, par un jeu de questions, conduire la personne à préciser et approfondir son objection pour la rendre acceptable au reste du groupe. Si ces éléments ajoutés ne parviennent pas à cet effet, l’objection est définitivement rejetée.

Evidemment, avant de chercher à obtenir à minima le consentement de tous sur une décision, il est indispensable de préciser ces règles du jeu et d’avoir un processus approprié pour y conduire – ce sera l’objet d’un prochain message sur ce blog.

Il est beaucoup plus facile d’obtenir le consentement de tous plutôt que l’accord de tous; c’est un des intérêts de la démarche, mais pas le seul. Le consentement évite de tomber dans le schéma binaire du pour ou du contre, qui aiguise les hostilités. En outre, le consentement évite de dégrader la qualité de l’accord final en autorisant les personnes en présence à exprimer une certaine neutralité sur le sujet ! Enfin et par voie de conséquence, le consentement donne une position plus confortable aux indécis, aux sans parti pris et aux indifférents, qui ne sont plus obligés de se positionner dans un sens ou son opposé.

Dans un monde de plus en plus collaboratif, il me parait bien plus opportun de privilégier la notion de consentement à celle de consensus. A moins que vous ayez des objections valides…

😉


[1] Cette notion d’objection valide est inspirée de la facilitation des prises de décision en sociocratie.

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