L’incohérence anti-collaborative des leaders

La manière dont a opéré le gouvernant avec les mouvements d’opposition à la loi sur le mariage pour tous illustre parfaitement bien ce qu’un leader ne doit surtout jamais faire pour instaurer une dynamique collaborative : l’incohérence entre les paroles et les actes.

manifestation anti mariage pour tous a paris le 24 mars 2013Le tohu-bohu autour de cette loi en dit long sur les incompréhensions qu’elle génère et les passions idéologiques qu’elle réveille. Là où le gouvernement aurait dû faire acte de pédagogie, de patience et d’ouverture à la négociation, il a choisi de passer en force pour mettre fin à ses tribulations. Si cette loi est un vecteur d’une vision idéologique d’une société résolument inclusive – comme le gouvernement a tenté de nous le faire croire et conformément au remarquable discours de Madame Toubira à l’assemblée nationale[1] – alors le moins que l’on puisse espérer est qu’il le soit aussi avec les opposants à cette loi. Comment croire à un projet de société inclusive, si ceux qui s’y opposent sont niés[2], méprisés voire stigmatisés[3] ? Une incohérence difficilement justifiable pour le gouvernement d’un président qui souhaitait justement réconcilier et rassembler tous les français et dont ses chevaux de bataille conduisent à l’effet opposé[4].

Le parallèle avec le monde des organisations privées est saisissant. Quand l’incohérence entre la vision des leaders et leurs comportements touche ainsi à son comble, aucune place n’est possible pour construire une dynamique collaborative. Le terreau de la collaboration est piétiné et dévasté. Circulez, il n’y a plus rien à voir ! Dans une organisation dictatoriale, tout rentrerait en ordre très vite. A contrario, dans une société où les hommes et les femmes sont suffisamment éduqués pour oser réfléchir et agir librement, cette politique du passage en force sans cohérence promet les pires effets de boumerang aux dirigeants qui l’emploie. La prochaine secousse sera immanquablement plus forte encore, car les frustrations elles aussi s’unissent pour le meilleur et pour le pire. Si nos dirigeants souhaitent transformer leur culture d’entreprise pour briser les silos et aller vers plus de collaboration, ils peuvent se prémunir de cet écueil en s’appuyant sur une cohérence viscérale de leurs actes avec leur vision. Cette cohérence sera non seulement le meilleur gage de stabilité en temps de crise, mais aussi la démonstration la plus crédible de tout dirigeant qui souhaite inspirer un monde plus collaboratif et inclusif.


[1] http://www.youtube.com/watch?v=Lic_uCxRa9I


[2] http://www.atlantico.fr/decryptage/mariage-homosexuel-non-est-pas-trop-tard-collectif-hauts-fonctionnaires-interpelle-president-republique-718903.html


[3] Des millions de manifestants cumulés, majoritairement des mères de famille, sont systématiquement et subversivement assimilés à des homophobes et relayés au second rang derrière quelques centaines d’agités non représentatifs du mouvement d’ensemble, comme ici :

http://www.lepoint.fr/politique/mariage-homo-hollande-condamne-certains-slogans-de-la-manifestation-de-dimanche-27-05-2013-1672716_20.php


[4] http://www.atlantico.fr/decryptage/degats-considerables-passage-en-force-loi-taubira-roland-hureaux-705140.html

http://www.courrierinternational.com/article/2013/01/14/mariage-gay-la-france-coupee-en-deux

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