En quoi la facilitation aide à la libération de l’entreprise

Mais d’abord qu’est ce qu’une entreprise libérée ?

Pour Jean-Francois Zobrist, à la tête de FAVI, une des première entreprises libérées en France , durant une vingtaine d’années, c’est « une organisation ou les productifs se sont affranchis de la tutelle des improductifs ! ».

Pour Isaac Getz, Docteur en psychologie et HDR en management, professeur à l’ESCP Europe Paris et auteur de « Liberté et Cie , quand la liberté des salariés fait le bonheur des Entreprises », l’entreprise libérée se définit comme une organisation dans laquelle la majorité des personnes a la liberté et la responsabilité de mettre en place ce qu’il juge utile pour l’entreprise sans avoir besoin d’obtenir l’accord d’un chef.

On voit bien, au travers de ces 2 définitions, les changements complets de paradigme qu’elles peuvent entrainer. Zobrist insiste et signe en annonçant qu’il faut « laisser les personnes les plus compétentes prendre les décisions qui les concernent ».

EVANEOS-ATELIER

Pour cela, les dirigeants ont pour fonction de :

  • remettre la vision, le projet, là où on veut aller ensemble, au cœur de l’action, pour qu’elle soit comprise et partagée par tous,
  • changer leur façon d’animer : être au « service de », poser les bonnes questions, faire progresser leurs équipes « Comment je peux t’aider à faire encore mieux ? »
  • créer le jardin nourricier qui permettra à chacun d’aller plus loin, vers plus d’expertise dans son domaine et vers plus de collaboratif pour faire éclore ensemble de nouveaux possibles,
  • demeurer quoiqu’il arrive le gardien, ce qui veut dire laisser les autres agir et prendre leurs décisions, mais être informé de ce qui se fait pour garantir la flottaison du navire.

Ces changements de rôles nécessitent des changements de posture à tout niveau. De nouvelles fonctions comme celle de Team Leader , capitaine opérationnel d’une équipe, apparaissent. Leur rôle :

  • partager la vision et veiller au respect des valeurs et des conditions de sécurité,
  • partager son expertise et faire gagner en compétence,
  • faire émerger des possibles au sein de son équipe   

Ces Team Leader doivent à la fois pouvoir créer de la richesse, animer en position basse et connaître les principes de l’intelligence collective. Il leur faut créer les conditions d’un travail collaboratif ressourçant et permanent, ou chacun pourra prendre sa place et grandir en autonomie tout en renforçant l’équipe.

Cette nouvelle posture nécessite non seulement la maitrise d’outils collaboratifs, mais plus encore  de développer la posture facilitante, garante de l’alchimie propre à tout processus créatif qui réussit.

Créer les conditions de cette transformation nécessite qu’au sein de chaque équipe une ou plusieurs personnes portent et rayonnent cet état d’être, qui sort du champ de la compétence purement technique et s’étend à celui de la relation.  C’est là tout le sens et la noblesse de la fonction facilitante : créer les conditions de l’émergence et de la mise en œuvre d’actions concrètes, validées ensemble, qui répondent aux  objectifs et aux défis propres à chaque équipe.

 

Hervé Louf

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